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"Etre à l'heure, c'est déjà être en retard". Je souscris totalement au mantra d'Otis, la nouvelle star de Netflix. Ces dernières années, je l'avais parfaitement mis en pratique en arrivant devant les Invalides à 11h00 alors que l'exposition n'ouvrait officiellement qu'à midi. RM me faisait la grâce de me donner une heure d'avance sur la foule. Cette année, j'ai percuté trop tard que le public était admis dès 10 heures, une heure avant mon arrivée. Flutin, quel con!

Qui plus est, au bout d'un quart d'heure, c'est le drame, le soleil se met à taper à travers les verrières, projetant tout un tas d'ombres disgracieuses sur les voitures. Je pars donc pour la Porte de Versailles à la fois frustré et inquiet du résultat de mes photos. Du coup, le lendemain, j'ai expédié Bonhams en moins d'une heure et au lieu de végéter dans le Grand Palais des Courants d'Air jusqu'à l'heure de mon train, je suis revenu ici pour recommencer les photos sous un ciel couvert. La salle avait été remaniée pour installer des chaises dans l'espace central et les voitures resserrées sur les ailes. La vente commençant à dix huit heures, il y avait de nouveau beaucoup de monde mais bon, au moins j'ai assuré le coup. Ci dessous, je mélange les prises de vue du mardi et du mercredi donc ne vous étonnez pas d'avoir des rendus très différents.

Comme vous allez le voir, RM a misé sur des voitures relativement jeunes. Sur les 85 lots présentés, 25 proviennent d'une importante collection de Youngtimers, que j'identifierai simplement ci-dessous par le signe (YT). Pour autant, 19 lots sur 85 ont des estimations moyennes supérieures à 900 000 euros, ce qui donne une idée de la qualité du plateau. Un pari judicieux je pense à l'heure où les anciennes "de milieu de tableau" marquent le pas. Pour cette vente, réalisée en euros, les frais d'adjudication sont de 15% hors taxes sur les 200 000 premiers euros puis 12.5% au delà. Je vous donne les prix frais inclus, payés par les acheteurs donc.



Voici d'abord un casque Rheos porté par Ayrton Senna lors de la saison 1990. Estimé entre 80 et 120 000 euros, il a été adjugé pour 162 000 euros!!!



Ce moteur aurait été utilisé comme moteur de test dans un des premiers châssis prototype de la FF. Vendu 22800 euros, bien en dessous des 30 000 euros minimum espérés. Le lot de BBS de Formule 1 est parti à 2400 euros et l'aileron arrière de la Benetton B194 de Michael Schumacher a été vendu 2640 euros



Le volant de la Benetton B193B de Schumacher, vendu 7200 euros.



Une trousse à outil de Ferrari 250, bien patinée, vendue 15 000 euros



Les combinaisons des pilotes Renault pour la saison 2006: Fisichella, valeur 1440 euros, Alonso, valeur 6000 euros. Indiscutablement si vous voulez spéculer sur des équipements de pilote, il faut choisir celui qui deviendra un champion, voire un mythe.

Une Lister Jaguar Costin de 1959, châssis BHL 2-59, ex-musée Rosso Bianco. Il s'agit d'une ancienne voiture d'usine qui a pris part aux 24 Heures du Mans en 1959. Invendue.

       

Ici une Jordan 196 de 1996. Ce châssis, le numéro 3, est celui dans lequel Martin Brundle a sauté suite à son énorme crash du Grand Prix d'Australie. Il a conservé le même châssis pour onze autres Grand Prix, terminant trois fois à la sixième place.

       

Elle est toujours équipée de son moteur Peugeot. Vendue 241 500 euros, au dessus des estimations.

       

Une Connaught Type A, châssis A6. En 1952, elle a participé au Grand Prix d'Angleterre avec Eric Thompson (cinquième) puis au Grand Prix d'Italie avec Stirling Moss (abandon) pour le compte de l'écurie d'usine. Elle a ensuite été vendue à l'Ecurie Ecosse avec laquelle elle aurait pris part à une trentaine de courses. Vendue 310 000 euros, dans les prévisions.

       

Une très belle Dino 246 GT en ‘Verde Germoglio’, châssis 01406, vendue 331 000 euros, dans la cible.

       

Une Porsche 356 Carrera 2 GS coupé, avec un important historique en compétition. Vendue 500 000 euros, dans la norme.

       

Cette Ferrari 275 GTB/6C, châssis 08311, est dotée d'une carrosserie aluminium, de six carburateurs et d'un tube de poussée. J'aimerais vous expliquer en quoi cette caractéristique la rend désirable mais je n'ai pas la moindre idée de ce dont il s'agit. En tout cas elle n'a été que la deuxième a être équipée de ce machin. Elle a récemment retrouvé sa couleur noire d'origine et est évidemment certifiée. Vendue 2.86 millions d'euros alors que les estimations la voyaient au delà de 3.

       

Une Porsche 911 S de 1967 dans sa teinte Blutorange d'origine, vendue 190 000 euros, conformément aux attentes

       

Une Fiat Dino Coupé 1968, vendue 51 750 euros, pile dans la fourchette prévue.

Une Panhard & Levassor 16HP de 1900. Je vous cite la description et je vous laisse vous faire votre propre idée de l'authenticité de l'auto: "Cet élégant tonneau à entrée arrière construit sur le châssis n°2565 a toujours son moteur d’origine, et un châssis et essieux aux spécifications correctes, avec une caisse neuve et une boîte de vitesses à quatre rapports récemment construite selon la définition d’origine. Non vendue, et de loin. Les temps sont durs pour les centenaires.

Cette superbe Hispano-Suiza K6 de 1935, châssis 16035, a été habillée chez Etienne Brandone, à Cannes. Non vendue malgré une enchère à 1.2 millions.

Une Chevrolet Corvette bleu arctique de 1956, vendue 103 500 euros sur l'estimation haute.

       

Voici une des trois Fiat 2800 berlinetta carrossées par Touring, le châssis 00561 de 1940. Au vu de son prix à l'époque et de sa carrosserie spéciale, il serait logique de penser qu'elle ait été liée au Parti Fasciste italien de Mussolini mais aucune preuve ne permet de l'affirmer. Elle n'a pas trouvé d'acheteur.

       

       

Une Jaguar XK150 3.4 Drophead, vendue dans la norme à 115 000 euros.

       

Cette Mercedes-Benz 300 Sc est l'exemplaire qui a été exposé au salon de New York en 1956. A ce titre, elle dispose de toutes les options disponibles à l'époque. Sur le stand, elle a cependant dû se présenter dans sa teinte bleu clair métallisé d'origine. Vendue 450 000 euros, sur l'estimation haute.

Cette Alfa Romeo 1900C Super Sprint Coupé Touring 1954, dont seuls 540 exemplaires ont été construits, porte le numéro de châssis 01788. Vendue 230 000 euros.

       

Une Alfa Romeo 1900 C Coupé de 1953, châssis 1507. Cet exemplaire fait partie de la série de 100 carrossée par Pinin Farina, la majorité des coupés ayant reçu un habillage par Touring. Vendue 365 000 euros, sur l'estimation haute.

       

Une Ferrari 412 (YT) de 1988, châssis 75934, vendue 66 000 euros, conformément aux estimations

Une Mercedes-Benz E500 (YT) de 1994 avec moins de 25 000 kilomètres au compteur (non je n'ai pas oublié un ou deux zéro). Vendue 86 000 euros, au double de l'estimation basse.

Un très attirant duo de GTA

Une Alfa Romeo GTA 1300 Junior Stradale, fabriquée à 193 exemplaires seulement. Adjugée 263 750 euros, dans la fourchette.

       

Et une Alfa Romeo Giulia Sprint GTA Stradale. Vendue 348 500 euros, sur l'estimation haute.

Une Porsche 928 GTS (YT) de 1992, qui n'a parcouru que 17000 kilomètres. Un investissement de longue haleine car qui aurait cru que ces voitures allaient autant s'apprécier et qu'il valait mieux la garder sous cloche? De fait, elle a largement déjoué toutes les attentes, partant à 138 000 euros pour une estimation haute à 85 000. Sortez vos 928!

Une Mercedes-Benz 500 SL AMG 6.0 (YT) avec hard top, équipée du V8 6.0 litres de 380 chevaux. Vendue timidement pour 45 000 euros.

       

Cette Aston Martin Lagonda (YT) est une version Tickford. Seuls 11 exemplaires auraient bénéficié de cette finition, incluant des jupes latérales de teinte aluminium, un spoiler avant et des jantes BBS 15 pouces de couleur carrosserie. Vendue 80 500 euros, sous les estimations.

       

Cette Rolls Royce Silver Spur (YT) de 1984 a bénéficié d'une personnalisation chez Hooper & Co, avec une “Flying Lady” de plus grande taille et en argent au sommet de la calandre, un toit ouvrant arrière et des inscriptions spéciales “Hooper” et “St James” (l'ancienne adresse londonienne de Hooper) sur le coffre. Elle a nécessité un an de travail, ce qui était visiblement trop: son propriétaire s'en était lassé avant même de la recevoir puisqu'il n'a parcouru que 2000 kilomètres avec avant de l'entreposer jusqu'en 2015. vendue 50 000 euros, sous l'estimation pessimiste.

Une Aston Martin Lagonda Series 4 (YT). Vendue sur l'estimation haute à 120 000 euros. C'est rassurant que la version de série épurée se vende mieux que la version très limitée au style ultra-lourd.

       

Une XK120 SE Roadster, vendue 101 000 euros, sur l'estimation basse.

Une Aston Martin DB2/4 Mk III vendue timidement pour 207 000 euros.

Voici une Brütsch Mopetta de 1957, châssis 482/226267. Cette Microcar n'a été fabriquée qu'à 14 exemplaires. Celui ci est dans son état d'origine et détient, peut être, le record officieux du tour de Goodwood le plus lent jamais réalisé. Il faut dire que son moteur deux-temps 50 cm3 lui permet d’atteindre une vitesse de pointe de 50 km/h. Estimée entre 90 et 120 000 euros, elle s'est vendue 69 000 euros. Elle est étonnamment minuscule en vrai.

       

Une BMW 507 Roadster Series II, châssis 70241, livrée neuve au Mozambique. Invendue.

       

Beaucoup des quatre vingt Ferrari 599 SA Aperta sont sorties d'usine dans des couleurs assez inhabituelles mais pas celle ci, châssis 181259. Au moins le propriétaire a su renoncer à la tentation du full black en gardant des jantes anthracite. Vendue 933 000 euros, un peu sous les espoirs placés en elle.

       

       

Cette Ferrari Superamerica (YT), châssis 144001, est l'un des 43 exemplaires à boite manuelle. Celle ci bénéficie en plus du pack HGTC. Vendue 590 000 euros dans la fourchette basse.

Une Lamborghini Murcielago LP640-4 (YT), châssis 3567, vendue juste sous l'estimation basse à 195 500 euros.

       

       

Une Venturi 400 GT Trophy de 1992, châssis 0025. Livrée neuve à Hervé Poulain, il n'est pas très surprenant qu'elle ait fait l'objet d'une peinture spéciale par Jean Yves Lacroix. L'artiste s'inspira du parfum Pasha de Cartier, qui était alors sponsor de la série Gentlemen's Drivers Trophy. Après avoir remporté le Groupe A en 1993, la voiture participa à la toute première course de l'ère BPR au Castellet, avant d'être remise en configuration routière et immatriculée. Vendue 132 250 euros, plutôt sur l'estimation basse.

       

       

Cette Citroën 2CV version AZL de 1957 dispose d'un moteur de 425 cm3 développant 12.5 chevaux. Vendue 20 700 euros, sur l'estimation haute

       

L'Aston Martin Lagonda Rapide n'a été produite qu'à 55 exemplaires. Celui ci, châssis LR/110/L, est l'un des six exemplaires conduite à gauche et celui qui était présent sur le stand Aston au Salon de New York en 1962, à priori en noir. Elle dispose du moteur 4 litres de la DB5 et d'une carrosserie Superleggera en aluminium. Invendue.

Le Citroën Type H est resté en production de 1947 à 1981. L'exemplaire présenté ici, de 1950, n'a jamais été restauré. Vendu 43700 euros, très au dessus de ses estimations

       

       

               

Une Maserati Mistral 3.7 coupé 1965, de couleur Celeste Chiaro, châssis AM109 466. Vendue 100 000 euros, sous l'estimation.

       

Cette Fiat 520 Cabriolet de 1927, châssis 21121, sort de dix ans d'exposition au Museo Nazionale dell’Automobile de Turin. Avant cela, elle avait passé une partie de sa vie en Uruguay. Vendue 23500 euros, sur l'estimation haute.

L'un des 46 exemplaires de Maserati Mistral Spyder 3.7 litres produits. Bien vendue à 522 500 euros, dans l'estimation

Cette Ferrari 512 BB, châssis 36445 est présentée dans sa teinte d'origine: Grigio Ferro sans la bande noire sous la ceinture de caisse. Vendue 270 000 euros, comme attendu.

       

Cette 550 Maranello, châssis 115804, est l'un des 33 exemplaires World Speed Record, bénéficiant du pack Fiorano, d'un arceau de sécurité gainé de cuir, d'un volant à jante garnie d’Alcantara et de sièges baquet en carbone avec harnais quatre points. Il s'agissait de célébrer trois records établis dans l'Ohio en 1998: 100 miles à la moyenne de 306,10 km/h, une heure à lac moyenne de 296,12 km/h et 100 km à 304 km/h. Inutile de préciser qu'il s'agit du seul exemplaire WSR a avoir été livré en Giallo Modena. Parmi ses trois propriétaires successifs apparait le nom prestigieux de Brandon Wang. Vendue 218 000 euros, dans l'estimation.

Une Ferrari 430 Scuderia de 2008, châssis 160738. Bien vendue à 184 000 euros.

Une Ferrari F355 Spider, châssis 105091, à boite manuelle.Vendue 83 000 euros, nettement sous son estimation.

Une Ford GT de 2005. Je suis étonné de lire dans le catalogue que seulement 101 d'entre elles ont été livrées en Europe, je pensais que ce serait plus. Cet exemplaire est équipé d'un pare-choc arrière "Capricorn" plus esthétique que celui d'origine. invendue.

       

Une Lotus Esprit V8 25th anniversary (YT), un des 100 exemplaires produits pour fêter le vingt cinquième anniversaire de l'Esprit. Vendue 60 000 euros sur l'estimation basse.

Une Porsche 911 de 1965, invendue.

Une Aston Martin Vanquish S, vendue 132 500 euros, comme prévu.

Une Mercedes-Benz 450 SLC 5.0 (YT). Un coupé donc, beaucoup plus rare que le cabriolet (1636 exemplaires contre 62888). Vendue 49 000 euros, sous l'estimation.

Une Mercedes-Benz E500 (YT). Bien vendue à 57 500 euros

Une des 225 BMW 850 CSi (YT) à boite manuelle. Vendue 120 000 euros, sous les estimations.

Ici un impressionnant trio de très méchantes BMW

Un des 183 exemplaires d'Alpina B7 Turbo (YT), vendu dans les prévisions à 97 800 euros.

       

Une des 94 exemplaires d'Alpina B12 6.0 (YT). Vous pouviez vous offrir ce V12 6 litres de 430 chevaux pour 49 000 euros.

       

Une des 60 Alpina B7 Turbo S (YT). Vendue 138 000 euros, loin sous ses estimations

       

Une BMW M6 (YT) vendue 57 500 euros, sur l'estimation basse.

Une Audi Quattro (YT) de 1985, vendue 77 600 euros, très au delà des prévisions.

Une Alpina B9 3.5 (YT), préparée à 245 chevaux au lieu de 218. Pas moins de 577 exemplaires sont sortis d'ateliers, dont celui ci avec son intérieur en tissu. Vendue 60 000 euros, au dessus des estimations.

       

La Mercedes-Benz 560 SEC AMG 6.0 wide-body (YT) date de 1989, avant la fusion officielle du préparateur et de la marque. Le moteur 6 litres de ce monstre n'a parcouru que 27730 kilomètres. Vendue 297 500 euros, loin au dessus des estimations.

Seuls 57 exemplaires d'Alpina B12 5.7 (YT) auraient vu le jour. Une voiture d'autant plus attractive pour les amateurs d'exclusivité que BMW avait renoncé à l'époque à produire la M8. Adjugée 207 000 euros, dans l'estimation.

Une Mercedes-Benz 300 SEL 6.3 (YT). Vendue 69 000 euros, sur l'estimation basse.

Une Mercedes-Benz 300 C Sedan. Si la boite manuelle est une valeur ajoutée importante sur les voitures modernes, la boite automatique de cette 300 C était une option rare à l'époque. Vendue 47 150 euros, loin sous les estimations

Une Morgan Aero Supersports (YT). non vendue.

Cette Delahaye 135M de 1949, châssis 800863, a été carrossée par Guilloré et porte sa carrosserie d'origine. Elle n'a pas séduit.

Cette Ferrari 512 BB, châssis 31159, a été équipée du “Kit Le Mans” d’usine par son premier propriétaire Markus Kiesgen, membre fondateur du Ferrari Club Deutschland, juste après qu’il ait pris livraison de la voiture. Il l'a ensuite utilisée en course en Allemagne entre 1980 et 1985. Non vendue malgré une enchère à 370 000 euros!

       

Une Citroën Traction 11B Cabriolet de 1939, non vendue

Voici l'un des 65 exemplaires de Mercedes-Benz G65 AMG "Final Edition" (YT), équipé d'un V12 biturbo de 630 chevaux. Esthétiquement, il montre différents détails en teinte bronze mat. Il n'a jamais roulé. Vendu 280 000 euros, un peu sous le prix du neuf.

Une Ferrari Superamerica, châssis 143094, invendue.

Une Ferrari F50, châssis 104762, avec 22000 kilomètres au compteur, vendue 1.7 millions, sur l'estimation basse.

       

       

       

Voici une Osca MT4-2AD 1350, châssis 1156. Elle fut livrée en 1956 sous forme de châssis nu à un pilote italien. Plutôt que de payer un carrossier, celui ci façonna sa propre carrosserie en aluminium. Celle ci fut cependant détruite lors de la Targa Florio 1959 et 1156 reçut alors une robe de rechange achetée chez Morelli. Estimée au delà du million d'euros, elle n'a pas trouvé d'acheteur.

       

       

Un duo de Veyron cette fois

Voici la 73ème des 92 Bugatti Veyron Grand Sport Vitesse produites. Elle présente une livrée “Porsche Carrera White” et “Blue” et affiche moins de 3000 kilomètres.

A ses cotés, une Super Sport, châssis 038, visiblement configurée par un bon vivant puisqu'elle est de couleur Chocolat intérieur Cognac, avec des sièges "luxe". Les deux Veyron sont restées sur le carreau.

       

       

Une Chiron, numéro 060, ayant parcouru moins de 1800 kilomètres. Vendue 2.3 millions, sur l'estimation basse.

       

Une Porsche 918 Spyder, numéro 394, équipée de jantes Magnésium et de l'aileron Weissach. Vendue 1.1 millions, sur l'estimation haute.

       

Une Porsche Carrera GT de première main qui a parcouru 25000 kilomètres depuis 2004. Enfin une voiture qui a donné à son propriétaire le plaisir pour lequel elle a été conçue. Il s'agit du châssis WP0ZZZ98Z4L000171, numéro de série 0201. Ce serait trop facile que le numéro de série corresponde au numéro de châssis. Vendue 652 000 euros, juste sur l'estimation basse.

       

Le châssis 300082 est une Porsche importante puisqu'elle n'est que la quatrième construite sous la nomenclature 911 (232 ont été produites avant sous la dénomination 901), en 1964. Livrée neuve en France, elle n'a eu que trois propriétaires depuis. Elle n'a pas convaincu.

       

       

Cette Ferrari F12 tdf, châssis 222120 a été très difficile à photographier, du fait de son inhabituelle teinte "Brunito". Impossible ici de rendre ses reflets aubergine.

       

L'intérieur est très spectaculaire également, en cuir patiné imitant apparemment l'aspect de la selle d'équitation préférée du propriétaire. Vendue nettement au delà des estimations à 1.2 millions d'euros

       

       

Cette Shelby 427 Cobra, châssis CSX3284, a été exposée pendant 20 ans au Midland Motor Museum. En 2005, le V8 de 428 ci d’origine a été remplacé par un V8 de 427 ci et, aujourd’hui, le moteur d’origine accompagne encore la voiture. Je m'explique. Quand Shelby a constaté qu’il perdait de l’argent sur chaque Cobra produite avec le V8 de 427 ci issu de la compétition, il a été décidé de lui substituer le V8 Ford 428 ci, moins coûteux ; ainsi, ce moteur a équipé toutes les Cobra numérotées dans la séquence “3200”. Adjugée 775 000 euros, sur l'estimation basse.

       

Cette Porsche 550 RS Spyder, châssis 550-0082, a été livrée neuve à l'Ecurie Nationale Belge dans une teinte jaune vif. Elle a immédiatement brillé en course, avec une troisième place aux 12 Heures de Reims et une victoire de classe aux 1000 Km de Paris, à Montlhéry, terminant 20 secondes derrière la Ferrari 857 S de Phil Hill et Alfonso de Portago. Elle a aussi pris part aux 24 Heures du Mans 1957 (disqualification). En 1957, elle a poursuivi sa brillante carrière avec notamment une troisième place au Grand Prix de Spa et aux 1000 Km du Nürburgring (derrière deux autres Spyder 550). Hélas en 1965, elle a été charcutée par APAL et a perdu son moteur. En 2000, elle a été entièrement restaurée, avec la réalisation d’une nouvelle carrosserie et la recherche d’un moteur et d’une transmission correspondant à l’origine. Un châssis important donc, dont l'authenticité a été mise à mal au fil des ans. En tout cas j'aurais bien aimé la voir repeinte dans sa teinte jaune d'origine! Vendue 3 millions, nettement sous l'estimation basse de 3.8 millions.

       

En couverture du catalogue, voici la Ferrari F40 LM de 1987, châssis 74045. Les F40 LM ont vite acquis un statut très enviable, grâce à l'électrochoc causé par la version route et à un essai désormais mythique réalisé par Jacques Laffite au Mas du Clos pour Turbo. Pourtant, sur les 24 exemplaires de F40 de course (LM, Competizione et GTE), seuls six ont connu la vraie compétition. Les autres ont été vendus à des collectionneurs privés. Le châssis 74045 était à l'origine un prototype de pré-série de la F40 routière.

       

       

Cédé au pilote Suisse René Herzog, ce dernier le fit préparer chez Michelotto, avec un châssis renforcé, une transmission compétition, des freins améliorés et une puissance passée à 700 chevaux pour 1050 kilos. La carrière sportive de 74045 s'est soldée par environ 50% d'abandons mais aussi une douzième place aux 24 Heures du Mans (sur deux participations) et trois podiums dont une victoire aux 4 Heures d'Anderstop. On peut noter que si la F40 a été présentée en 1987, la LM a couru en 1994 et 1995. Vendue 4.84 millions d'euros, dans l'estimation.

       

       

Une des 30 Bugatti EB110 Super Sport construites, le châssis 012. Elle n'a quasiment jamais dégourdi ses 610 chevaux, affichant moins de 1000 kilomètres au compteur. Vendue 2 millions d'euros, au delà des estimations.

       

       

Cette Ferrari Enzo, châssis 138355, a été personnalisée chez Zanasi pour recevoir cette teinte Rosso F1 2007. Avec en plus les jantes noires et les feux arrière teintés, je dois avouer qu'elle n'est pas du tout à mon goût. Elle n'a pas atteint son prix de réserve.

       

Une Porsche 911 Carrera RS 2.7 Touring de 1973, châssis 1231, dans une couleur Glacier Blue assez inhabituelle (16 exemplaires seulement), vendue 511 000 euros, sur l'estimation basse.

       

       

Une Mercedes-Benz 300 SL Roadster, restée chez le même propriétaire durant 44 ans. Elle aurait bénéficié d'une restauration de 3800 heures. Quand on voit que chez un constructeur généraliste, l'heure de main d'œuvre est facturée environ 80 euros, il y a de quoi se poser des questions. Vendue 900 000 euros, pile dans la fourchette prévue

       

       

Une Ferrari 250 GT Cabriolet Series II Pinin Farina de 1960, châssis 1983GT, resté dans la même famille française de 1967 à aujourd'hui. Invendue

       

       

Et une Ferrari 250 GT Coupé Pinin Farina de 1960, châssis 1831GT. Vendue 635 000 euros, à son prix.

       

La grande curiosité de cette vente est à coup sûr la toute première Ferrari SP proposée dans une vente publique. Il s'agit de la SP30 de 2011, châssis 188026. De la quarantaine (peut être) de Special Projects sortis de la division SP de Ferrari, un tiers environ ont fait l'objet d'une présentation plus ou moins officielle. De SP30, on ne savait vraiment pas grand chose. Elle est basée sur un châssis de 599 GTO. Sa carrosserie unique reprend les optiques avant de 458 Italia mais je lui trouve plutôt un air de California T.

       

       

L'arrière est assez particulier, avec une minuscule vitre

       

et des ailettes façon 599XX, pas très originales.

       

 

       

       

 A l'intérieur, la sellerie est en Alcantara deux tons avec du carbone rouge pour le levier de frein à main et la poignée de maintien du passager.

       

       

Les flancs sont très travaillés et les jantes semblent exclusives.

       

       

La capot est marqué par cette immense lame en carbone.        

       

Comme les disent les philosophes "L'important, ce n'est pas la destination, c'est le voyage." C'est en tout cas ce que devait se dire le propriétaire de cette voiture. Il a du passer de nombreuses heures à discuter avec le centre de design Ferrari pour avoir une voiture en tout point conforme à ses souhaits. Puis quand celle ci a vu le jour, il a perdu tout intérêt pour elle. La pauvrette n’affiche que 110 km au compteur et le plastique de protection d’origine est encore présent sur l’écran du système d’infodivertissement. La rumeur veut que le prix d'une SP tourne quand même autour de 3 ou 4 millions d'euros donc ça fait un beau voyage. Les enchères se sont arrêtées avant 2 millions, et la voiture reste chez son créateur.

       

Voilà pour cette belle vente. Le deuxième jour il n'y avait plus de soleil mais de plus en plus de monde au fur et à mesure que l'heure avançait, tandis que le champagne coulait à flots. Bref je ne suis vraiment pas satisfait de mes photos mais les reportages sur les ventes sont avant tout du catalogage, ce qui le rend si rébarbatifs à rédiger.

       

Je suis parti juste à 18 heures, train oblige, juste au moment où la vente allait débuter.



Avec 65 ventes sur 85 lots présentés (76.5%), RM Sotheby's a atteint le meilleur résultat de ses six ventes parisiennes avec 32.4 millions d'euros de résultat. Tout comme au salon Rétromobile, on assiste à un glissement vers des voitures plus récentes, dont le potentiel de croissance est perçu comme important. D'ailleurs les voitures de collection "classiques" sont restées globalement sur les estimations basse. On assiste donc peut être à un début de tendance forte pour les années à venir, car les prix atteints ne manqueront sans doute pas de motiver quelques propriétaires de belles endormies.
 

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