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Chaque année, j'attends que l'itinéraire du Tour Auto Optic 2000 soit dévoilé avec une impatience mêlée d'inquiétude, à l'idée qu'il ne parte vers l'ouest ou le nord. L'édition 2018 m'a réservé une excellente surprise puisque la première ville étape n'est autre que Besançon, chez moi. Ce sera l'occasion de découvrir s'il s'agit d'un véritable avantage. Du coup, j'ai décidé de couvrir deux étapes: la première qui mènera les concurrents de Paris à Besançon, et la deuxième qui les verra partir vers Megève. Il y a tout de même une grosse déception: les deux pauses déjeuner auront lieu sur les circuits (Prenois et la Bresse). Il s'agira sans doute de distributions de paniers de pique-nique.  Dommage car ce que je préfère dans le Tour est de couvrir une pause repas dans un cadre somptueux, comme l'Abbaye de Cluny par exemple.

L'autre espoir annuel des photographes est la participation à l'épreuve des stars des années 1970 et 1971: une Matra MS650 ou une Ferrari 512M. Un rêve quasiment inaccessible tant ces voitures sont peu adaptées aux contraintes des routes modernes (avec embouteillages et ralentisseurs à gogo). Cette année, la rumeur a toutefois été assez persistante. Max Girardo a laissé entendre qu'une 512M qu'il avait vendue aurait pu s'inscrire, puis une Matra a fait son apparition sur la liste officielle des engagés avant d'être retirée après avoir cassé son moteur à Barcelone. On n'a jamais été aussi près en tout cas.

Mardi matin, je dépose les enfants au bus puis je prends la route. J'ai regardé jusqu'où je pouvais aller avant que le risque de croiser les concurrents ne devienne trop grand. Verdict: Semur en Auxois, à deux heures environ de chez moi, une ville dont je ne sais absolument rien en partant. En arrivant, je pousse un peu le long du parcours avant de faire demi tour et revenir vers la ville. Dès l'entrée, je m'arrête dans une descente, séduit par le coté préservé (pour ne pas dire décrépit) de la rue. En attendant l'arrivée des premiers, je me rends vite compte que plusieurs points de vue prometteurs se trouvent à quelques minutes de marche. Les ouvreuses arrivent.

       

Je n'avais encore jamais vu rouler de 812 Superfast, c'est chose faite. Mais ce n'est toujours pas le coup de foudre.

       

       

Puis voici les concurrents.

       

       

       

Je commence à descendre doucement

       

alors que le plateau compétition arrivé déjà.



Le hasard a bien fait les choses. Semur est une ancienne place forte médiévale qui possède encore ses remparts et ses quatre tours, dont la principale, la Tour de l'Orle d'Or, arbore une longue fissure remontant à 1602. Ses murs mesurent 5 mètres d'épaisseur à la base et 2m15 au sommet. Et il y a un pont pavé!!

       

       

       

       

En l'absence de Matra, voici l'une des principales attractions de ce Tour, l'une des six authentiques Cobra Daytona, CSX2300.

       

Il y a pas mal de maisons de caractère par ici,

       

qui vont offrir un fond sympa

       

       

Ah tiens, cette tdf est une bonne surprise. J'aime bien ces livrées à l'ancienne.

       

Et ce spot me plait vraiment.

       

Cette Carrera RSR 2.8 a participé à l'épreuve en 1973.

Une magnifique TZ1

Le contingent de Ferrari 308 Groupe IV est assez conséquent cette année.

       

Le spot commence à s'user, je cherche des variations de plus en plus improbables

       

et pas toujours heureuses.

       

Je fais de mon mieux.

               

Encore du lourd en approche:

       

       

       

Encore des 308

       

Mine de rien il est déjà 13h00, il va falloir songer à bouger.

       

Cela dit je n'ai encore vu quasiment aucune Ferrari, et en particulier la 250MM, et ça m'embête de reprendre deux ou trois heures d'avance sur elles sans les avoir vues.

       

       

Je décide de remonter doucement vers la voiture quand même.

       

       

Voilà la voiture la plus bruyante du plateau, la Daytona Groupe 4!

       

Quitte à faire une photo d'ensemble, autant mettre une voiture sympa au milieu, même si on la voit à peine.

Ah, voilà celle que j'attendais. Les Ferrari 250 sont quasiment absentes cette année alors qu'elles étaient en force par le passé.

       

Voilà, j'ai l'esprit libéré (délivré), j'ai vu les deux voitures qui comptaient le plus. D'autres bruits de moteur sont en approche.

Une superbe Maserati 200Si

Ce que le plateau a perdu en prestige, il l'a gagné en variété, pour le plus grand plaisir de ceux qui aiment les voitures plus populaires.

       

       

       

       

Le contingent de 275 GTB a bien maigri aussi.

       

       

Il est 14h00, les derniers ont déjà pris du retard et je ne peux hélas plus les attendre.

       

J'ai vraiment trainé, il est temps de prendre la direction du circuit de Prénois pour y récupérer mon accréditation. Je quitte la route du Tour pour aller au plus court. A quelques kilomètres du circuit, alors que les rugissements du plateau compétition se font entendre dans la campagne, je trouve un bout de route sinueuse au milieu des célèbres colzas. Je m'arrête, tant pis pour le bracelet.

       



J'ai bien l'impression que ce n'est pas la première fois que je fais un arrêt sur cette route.

       

       



Parmi les gros changements de mentalité que j'ai pu constater, il y a une présence très importante des forces de l'ordre sur le parcours. Fut un temps, la Garde Républicaine escortait les plateaux à tombeau ouvert, maintenant c'est contrôles radars fréquents.

Le plateau compétition arrive vers 16h00. C'est tard mais ça veut surtout dire que je suis quasiment repassé devant tout le monde.

       

Voici les Cobra, CSX2349 devant CSX2485

       

CSX2547 et la CSX2127 de Ludovic Caron

       

La Jaguar Type E de Jean-Pierre Lajournade, un des concurrents qui joue la gagne.

Une Alfa Romeo Giulietta Sprint Speciale

Le seul proto Porsche engagé cette année, une 904 GTS

Une première GT40, dont l'authenticité est sujette à caution

La Cobra Daytona pointe son nez à l'horizon, en tandem avec l'Afla Romeo Giulia Sprint GTA de madame.

       

Une deuxième tdf, bien sympa également.

Voici P/1088 et P/1089, deux voitures assemblées en 1994 chez John Wilment, après être restées pendant 25 ans en pièces détachées. Les châssis ne sont pas d'époque, Wilment ayant profité de trois numéros de châssis inutilisés pour créer de nouvelles voitures. Sur les trois GT40 engagées cette année, aucune n'est donc une "pure", même si les trois semblent orbiter assez près de la planète GT40.

       

Voici maintenant un troupeau de Porsche: deux Carrera RS 3.0

       

les RSR 3.0

       

RSR 2.8

Du coté des 308 Groupe IV, voici 28817, une conversion

       

31135, une vraie

       

Ici 20373, une vraie

19759, une conversion

       

tout comme 20457.

Oh, une intruse!

Contrairement aux apparences, il y a pas mal de circulation. Hors Tour Auto je veux dire.

       

Ce qui oblige parfois a resserrer les angles pour éviter d'avoir une C3, une Clio ou pire dans le cadre.

       

       

Alors que plusieurs amis (ou lecteurs, eh oui, c'est arrivé) passent, s'arrêtent et repartent, je reste sur place.

       

       

Je tente un renversement de perspective mais bof.

       

Les voitures de la Motors Valley arrivent enfin! Osca, Maserati

       

       

       

Cette Boano, châssis 0661GT, est une bonne surprise, même si je la connais déjà.

Et voici la 250 MM, qui m'oblige à un recadrage un peu trop extrême.

       

Il est 18h00, le temps de lever le camp. Au moment où je vais monter dans la voiture, un bruit terrifiant retentit derrière moi.

       

Allez, il est temps de bouger si je veux voir un peu du parc fermé. Comme un imbécile, je veux couper par Dijon et me retrouve englué dans les embouteillages mais je finis par m'en dégager. Arrivé à Besançon, je constate que le barnum Peter Auto tient vraiment beaucoup de place. Entre le parking des véhicules d'assistance, celui des concurrents avec la tente de convivialité et les voitures de l'organisation, ce sont les quatre grands parkings les plus proches du centre qui sont monopolisés. Je vais me garer sur un parking un peu éloigné et revient à pied pour récupérer mon passe. Sur le parking des partenaires, voici une GT3 et la toute nouvelle 508. Faites votre choix.

       

Ca fait vraiment bizarre de voir les concurrents à l'endroit où il m'arrive de laisser la 308 pour aller au boulot.

       

Aussitôt arrivé, tout le monde se lance dans la mécanique, en tout cas dans les plateaux compétition.

       

       

       

       

Il y a pas mal de monde, dont bien sûr quelques connaissances. Les concurrents doivent se frayer un chemin dans la foule pour rejoindre leur place attitrée.

       

Je m'éloigne un peu du public pour m'installer le long de la route d'accès au parking.

       

       

       

Je découvre même des voitures locales que je ne connaissais pas!

Il est 21h00, je ne vais pas tarder à rentrer à la maison.

       

Juste avant que je parte, les 504 arrivent. C'est presque l'émeute pour les accueillir. Eh oui, ici c'est le Doubs!

       

Une autre Peugeot?

Je prends résolument le chemin de la sortie.

Cette fois la nuit tombe vraiment et l'éclairage et plutôt rare. Chez les concurrents qui jouent la gagne, le travail des mécanos s'annonce difficile. Notamment sur la Cobra de Ludovic Caron qui a connu de gros problèmes de culasse.



Cette GT40 est totalement déshabillée également. Bon courage aux mécanos!

       

Pour les plus chanceux, quelques vérifications de routine devraient suffire.

       

Mention spéciale pour l'équipage de cette Type E qui a fait preuve d'une gentillesse infinie envers une dame âgée, l'installant dans l'habitacle exigu, lui parlant longuement avant une difficile extraction. Pour ce que j'en vois, le Tour Auto est une épreuve où, malgré un coût d'inscription non négligeable, la bonne humeur, la solidarité et la convivialité prédominent.



Voilà pour cette première journée. En règle générale je ne fais pas le parc fermé le soir car je préfère rentrer à la maison. Photographiquement l'intérêt est assez limité mais l'ambiance est sympa. Par contre demain, chaque kilomètre fait devant ou derrière les concurrents devra être refait dans l'autre sens pour rentrer, ce qui n'est jamais très motivant. J'ai récupéré le road book en même temps que mon bracelet et je m'aperçois que les concurrents ne prendront pas du tout la route que je pensais. Ils passent pas la Vallée de la Loue, un endroit très photogénique que je connais plutôt bien.

Par contre, ça démarre tôt. Les premiers concurrents vont s'élancer à 07h00 donc je décolle à 06h30 pour rester devant eux. J'ai une quarantaine de kilomètres à faire pour arriver sur les meilleurs points de vue. Je commence par un surplomb.

       

Voici 08465. Un passionné matinal qui s'est installé à mes cotés déplore que les communes traversées ne communiquent pas plus sur le passage des voitures et il faut reconnaitre que j'ai vu assez peu de spectateurs au bord des routes.

Je vois passer Vincent et Thomas, mes partenaires habituels, qui s'arrêtent un peu plus haut. Je vais les rejoindre.

Je me doute qu'ils ont trouvé un spot sympa.

       

Le plateau compétition arrive déjà, en convoi.

       

A la surprise générale, c'est la Lotus Elan 26R de l'équipage Favaro / Badan qui emportera l'épreuve à Nice, après que la GT40 de Smith / Cottingham, tenante du titre, ait connu des problèmes de boite dans l'avant dernière spéciale. Sans doute un crève cœur pour eux après avoir remporté dix des quatorze spéciales mais c'est la course.

       

Le rythme est soutenu sur les routes sinueuses.

       

       

Voilà la Daytona

       

Juste une minute trop tôt pour Julien et Kevin qui étaient en train de nous rejoindre.

Les voitures arrivent masquées donc il faut rester aux aguets, même si elles ont tendance à s'annoncer de loin.

       

Avec tout ces artistes du filé autour de moi, je m'enhardis et descend la vitesse vers 1/50.

       

       

       

       

Mes amis me quittent uns à uns pour poursuivre leur chemin vers Megève. Pour moi, il est hors de question de poursuivre jusque dans les Alpes. C'est vrai que c'est là bas que les routes vraiment sympas vont commencer mais le plateau de cette année ne justifie pas forcément autant de kilomètres. Je me suis bien amusé ce matin, je vais profiter de l'après midi pour faire enlever mes pneus neige.

Je redescends un peu le long de la route.

       

Je m'installe durablement sur ce spot qui me semble idéal: un fond uniforme et neutre mais texturé qui permet de profiter des lignes des voitures sans distraire l'œil. C'est parfait.

       

Et il reste du beau monde à passer.

       

       

       

       

       

Cette fois on rentre vraiment dans l'éclectisme, faites votre choix!

       

       

       

       

Voici la 250MM, châssis 0340MM, qui donne le signal de l'arrivée des 275 GTB

       

voici 07819

       

suivie d'une Stratos

07333 et un très rare exemplaire noir, non identifié.

       

Les Dino

       

La Lusso, châssis 5157GT et la Daytona, 13367

       

A partir de là, je commence à voir des voitures que je n'ai pas encore croisées sur cette édition, ayant toujours gardé de l'avance sur elles.

       

Comme cette Ford Galaxie ou cette Opel 1900 GT

       

Une superbe 230 SL et une Panhard  24 CT

       

204 et 2 CV!

       

Pendant un temps mort, je remonte sur mon perchoir pour la toute fin. Voici 06915 et 10403, une GTB/4

       

Pas mal de Fulvia cette année. Il faut dire que le thème de cette édition est "les marques italiennes disparues". Ceci explique la présence d'Osca, Siata, De Tomaso... et aussi de Lancia, même si la marque survit encore avec un seul modèle sur son marché intérieur.

       

Une belle Lancia Flaminia Super Sport Zagato

La seule Aston Martin engagée cette année.

       

Et voici les Peugeot. La 508 colle d'un peu près hélas. Je trouve ça bien qu'un constructeur engage son département Classique, tant que ça reste discret.

       

       

La Boano, 0661GT, devant une Carrera RS 2.7

       

Une 124 Abarth

La queue du peloton ne manque pas d'intérêt, avec cette Pantera et cette TZ

       

Une Cobra et une SAAB

       

Cette OSCA Maserati 750 Sport

devance l'Abarth Simca 2000 GT dans laquelle voyage un ami photographe, qui me fait le plaisir de me reconnaitre.

       

       

Ca arrive toujours.

       

       

Ici une OSCA MT4

et une autre Flaminia



Et la récompense finale de ma patience, cette BMW 507 qui passe vraiment dans les tous derniers. Ca aurait été dommage de ne pas la voir en faisant la course en tête.

       

       

Voici encore un groupe, avec notamment la Siata.

       

Une RSR 2.8, convertie chez Kremer.

       

Et alors que je vais partir, un dernier hurlement attire mon attention, et non des moindres: celui de cette Stratos Groupe IV qui a du connaitre quelques soucis à l'allumage.

       

Voilà pour ces deux étapes du Tour 2018. J'avoue que j'ai vraiment fait le fainéant en ne bougeant que sur trois spots mais deux d'entre eux offraient pas mal de variété. Quoiqu'il en soit, les paysages les plus intéressants se trouvent souvent en deuxième partie de semaine et je n'ai jamais poussé jusque là. Cette année, le plateau recelait quelques bijoux mais il manquait quelques grosses têtes d'affiche. La Cobra Daytona commence à être connue sur les routes du Tour et seule la 250MM a sauvé la caravane de la morosité, même si j'ai toujours plaisir à voir passer les voitures de toutes marques et de toutes valeur. En réalité, il m'a surtout manqué une vraie pause déjeuner sur l'herbe pour profiter des Osca, Siata, 507 et autres Abarth que je n'ai vues que trop brièvement. Quoiqu'il en soit, vivement l'année prochaine!

 

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